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2 - Le Pays-Haut
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Un plateau agricole élevé, entaillé de vallées boisées

• Communes concernées par cette unité de paysage

    ABBEVILLE-LES-CONFLANS AFFLEVILLE ALLONDRELLE-LA-MALMAISON ANDERNY ANOUX ARNAVILLE AUBOUE AUDUN-LE-ROMAN AVILLERS AVRIL LES BAROCHES BASLIEUX BATILLY BAYONVILLE-SUR-MAD BAZAILLES BECHAMPS BETTAINVILLERS BEUVEILLE BEUVILLERS BOISMONT BONCOURT MONT-BONVILLERS BREHAIN-LA-VILLE BRIEY BRUVILLE CHAMBLEY-BUSSIERES CHARENCY-VEZIN CHAREY CHENIERES COLMEY CONFLANS-EN-JARNISY CONS-LA-GRANDVILLE CONS-LA-GRANDVILLE COSNES-ET-ROMAIN CRUSNES CUTRY DAMPVITOUX DOMMARTIN-LA-CHAUSSEE DOMPRIX DONCOURT-LES-CONFLANS DONCOURT-LES-LONGUYON EPIEZ-SUR-CHIERS ERROUVILLE FILLIERES FLEVILLE-LIXIERES FRESNOIS-LA-MONTAGNE FRIAUVILLE GIRAUMONT GONDRECOURT-AIX GORCY GRAND-FAILLY HAGEVILLE HANNONVILLE-SUZEMONT HATRIZE HAUCOURT-MOULAINE HOMECOURT JARNY JAULNY JEANDELIZE JOEUF JOPPECOURT JOUAVILLE JOUDREVILLE LABRY LAIX LANDRES LANTEFONTAINE LEXY LONGUYON LUBEY MAIRY-MAINVILLE MALAVILLERS MANCE MANCIEULLES MARS-LA-TOUR MERCY-LE-BAS MERCY-LE-HAUT MEXY MOINEVILLE MONTIGNY-SUR-CHIERS MORFONTAINE MOUAVILLE MOUTIERS MURVILLE NORROY-LE-SEC OLLEY ONVILLE OZERAILLES PETIT-FAILLY PIENNES PIERREPONT PREUTIN-HIGNY PUXIEUX REHON REMBERCOURT-SUR-MAD SAINT-AIL SAINT-JEAN-LES-LONGUYON SAINT-JULIEN-LES-GORZE SAINT-MARCEL SAINT-PANCRE SAINT-SUPPLET SANCY SERROUVILLE SPONVILLE TELLANCOURT THIAUCOURT-REGNIEVILLE THUMEREVILLE TIERCELET TRIEUX TRONVILLE TUCQUEGNIEUX UGNY VALLEROY VANDELAINVILLE VILLE-AU-MONTOIS VILLE-HOUDLEMONT VILLERS-LA-CHEVRE VILLERS-LA-MONTAGNE VILLERS-LE-ROND VILLERUPT VILLE-SUR-YRON VILLETTE VIVIERS-SUR-CHIERS WAVILLE XAMMES XIVRY-CIRCOURT XONVILLE HAN-DEVANT-PIERREPONT

• Inter-communalités concernées par cette unité de paysage

    CC DE L’AGGLOMERATION DE LONGWY
    CC DES 3 VALLEES
    CC DES DEUX RIVIERES
    CC DU BASSIN DE LANDRES
    CC DU JARNISY
    CC DU MAD A L’YRON
    CC DU PAYS AUDUNOIS
    CC DU PAYS DE BRIEY
    CC DU PAYS DE L’ORNE
    CC DU PAYS DE LONGUYON
    CC DU PAYS-HAUT VAL D’ALZETTE

 Situation


 Cliquez sur la carte pour la visualiser en pleine résolution.

27.8 Mo - 5294 x 7841 pixels



Le Pays-Haut compose un grand paysage qui s’étend sur plus de 65 km de long du nord au sud, pour 7 à 35 km de large environ. Il occupe ainsi toute la partie nord du département et se poursuit dans les départements voisins : à l’ouest en Meuse et à l’est en Moselle. Il se présente comme un vaste plateau calcaire entaillé de vallées encaissées et souvent boisées. Il est constitué par le revers de la côte de Moselle, tout comme le plateau de Haye qui le prolonge au sud de la faille de Gorze.

Aux abords des agglomérations de Longwy et de Briey, le paysage   est marqué par l’urbanisation dense et industrielle qui occupe les vallées. Elles font l’objet d’une unité distincte : les vallées urbanisées du Pays-Haut (unité n° 3). Dans sa partie sud, le Jarnisy se distingue par un relief moins marqué : le plateau s’affaisse et s’épanche vers la plaine de la Woëvre, les vallées y sont moins creusées. Il s’agit d’un paysage de transition entre le plateau calcaire sec et la plaine humide de la Woëvre.

Le Pays-Haut, de l’openfield   à la sidérurgie

Le Pays-Haut offre aujourd’hui un double visage : des paysages ruraux d’openfield   et des sites marqués par la sidérurgie. Un rapide historique permet de comprendre ces paysages de contraste.

L’occupation du Pays-Haut est longtemps restée concentrée dans les vallées. Il faudra attendre la fin du Moyen-Age pour que les forêts du plateau soient défrichées sous l’impulsion des moines (Gorze, Saint-Pierremont, Pierrevillers, Mont-Saint-Martin). Cette colonisation s’effectue grâce au système de l’openfield   qui organise précisément le territoire : le village resserré se trouve au centre du finage  , les champs en lanières ne sont pas clos de haies. La céréaliculture mais aussi l’élevage se développent, façonnant des paysages très ouverts. Après la Seconde Guerre mondiale, le remembrement et l’intensification des pratiques agricoles renforcent la grande ouverture des paysages du plateau.

L’activité industrielle, quant à elle, est longtemps restée artisanale avec l’exploitation des ressources en fer pratiquée depuis l’Antiquité et la naissance des premiers hauts-fourneaux (Herserange, Moulaine) dès la Renaissance. Il faut attendre la fin du XIXe siècle et l’invention du procédé de Thomas Gilchrist pour que l’exploitation de la minette lorraine s’intensifie et que les forges se multiplient dans les vallées de la Chiers et de l’Orne. Le Pays-Haut entre ainsi brutalement dans l’ère de la sidérurgie : les mines se multiplient dans les vallées et sur le plateau, les villages ruraux du plateau sont transformés, accueillant une nouvelle population logée dans les cités ouvrières. Dans les années 1980, la disparition de l’activité sidérurgique bouleverse à nouveau le Pays-Haut, avec perte de population, friches industrielles, ...

 Caractéristiques paysagères illustrées

Un vaste plateau doucement ondulé et entaillé de vallées

Des contrastes de paysages forts entre un plateau homogène, ouvert et voué aux grandes cultures, et des vallées accueillantes concentrant la diversité paysagère

Des structures végétales   rares et précieuses sur le plateau, plus fréquentes dans les vallées

De précieuses couronnes vertes de vergers, jardins et prairies autour des villages

Des villages et bourgs nichés dans les creux des vallées, ou installés au centre des « clairières » agricoles sur le plateau, animant les étendues agricoles

Un héritage industriel encore présent, témoin de l’importance des mines de fer et de la sidérurgie sur le territoire

Les cités minières, une typologie urbaine marquante et caractéristique du Pays-Haut

Des reconversions et un renouveau visibles dans le paysage   : le choc des époques

Des paysages marqués par l’histoire : les blockhaus, les cimetières militaires, l’architecture des reconstructions, …

Des routes-paysages offrant des vues lointaines sur les étendues agricoles du plateau

Les éoliennes, une irruption verticale monumentale dans l’horizontalité non moins monumentale du plateau

 Fonctionnalités écologiques et patrimonialité

La partie nord de l’unité paysagère correspond à un vaste plateau entaillé de vallées boisées étroites, où coulent notamment les rivières de la Crusnes, de la Chiers, d’orientation générale est/ouest, et de la Pienne, affluent ou sous-affluent de la Meuse. Elles possèdent des milieux associés, tels que boisements, prairies et autres structures végétales  , représentant des milieux de vie et des corridors écologiques intéressants pour de nombreuses espèces. La Crusnes, cours d’eau de première catégorie, accueille le Castor et le Cincle plongeur.

Sur les coteaux de la vallée de la Chiers, les pelouses forment un réseau en lien avec les forêts et accueillent notamment la Coronelle lisse. Le plateau étant voué aux grandes cultures, l’intérêt écologique est limité. Plus au sud, en lien avec l’unité paysagère des grandes vallées du Pays Haut, les alentours de Briey sont très boisés notamment sur les bords des rivières et en continuité avec le département de la Moselle, formant une continuité écologique.

La partie sud de l’unité paysagère, située en partie sur le territoire du Parc naturel régional de Lorraine, est très agricole et accueille peu de structures végétales   semi naturelles ; les abords des villages et les boisements relictuels sont donc relativement plus important pour la qualité écologique de ce secteur.

Le réseau de rivière est cependant important et l’Yron, sous-affluent de la Moselle, alimente le marais de Droitaumont, aux portes de Jarny. Formé il y a une soixantaine d’années à la suite d’un affaissement minier, il est favorable à l’installation d’une faune diversifiée grâce à sa mosaïque d’habitats : roselière abritant des oiseaux, mares accueillant des amphibiens et des prairies plus ou moins humides jouant un rôle tampon entre les coteaux cultivés et les zones marécageuses. Les haies et bosquets de saules apportent une diversité supplémentaire puisqu’ils apportent gîte et couvert pour les passereaux tels que la Pie-grièche écorcheur.

 Analyse critique, identification de points forts et de points faibles

Atouts :
Les ceintures vertes de prés-vergers et prairies autour des villages : des transitions précieuses entre les secteurs habités et les espaces agricoles de grandes cultures

Les structures végétales   (arbres isolés, alignements, …) dans les espaces agricoles ouverts : des facteurs de diversification des paysages soulignant les formes du relief, le parcellaire, le fil de l’eau et offrant des refuges, des relais pour l’accueil et la dispersion de nombreuses espèces

Les vallées et thalwegs : des creusets de diversité paysagère au cœur du plateau, accueillant boisements, prairies, cours d’eau, structures végétales  

Les bords de l’eau : des sites de grande valeur paysagère   et des corridors écologiques pour de nombreuses espèces plus exigeantes, qui soulignent les fonds de vallée, abritent une végétation plus variée (ripisylve  , prairies, …) et peuvent devenir le support d’itinéraires de circulations douces

Les villages lorrains : un habitat groupé et concis bien lisible dans le paysage  , un patrimoine rural à préserver

Les cités ouvrières et les anciennes mines : un héritage architectural, urbain et industriel puissant, à réhabiliter et/ou à mettre en valeur

Fragilités :

La simplification des paysages agricoles suite à l’intensification des pratiques agricoles qui a renforcé l’uniformisation des paysages, déjà traditionnellement marquée par l’openfield   : remembrement, céréaliculture (qui couvre aujourd’hui 40 % de la SAU du Pays-Haut), suppression des structures végétales   (haies, lignes de vergers, …), altèrent l’attractivité paysagère et la fonctionnalité écologique du territoire
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