Vivre les paysages de Meurthe-&-Moselle

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Les paysages habités
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 Force et précision des sites bâtis

© Agence Folléa-Gautier Paysagistes-Urbanistes - Conseil Général 54

Les paysages et l’urbanisation

Des contrastes importants entre secteurs urbanisés et espaces ruraux

Si le département affiche un taux important de territoires artificialisés avec 6,6% (soit 2 points de plus que la moyenne nationale), la réalité fait apparaître des paysages très contrastés : le nord du département, la vallée de la Moselle et la région de Nancy concentrent l’essentiel des zones urbanisées, tandis que des territoires restent très ruraux dans le Saintois ou le Lunévillois.
Les paysages présentent des formes remarquables de relations entre l’urbanisation et les espaces de nature, qu’ils soient forestiers, agricoles ou fluviaux : forêts, coteaux cultivés ou vallons agricoles aux portes des villes et des villages, transitions subtiles grâce aux vergers et aux jardins, cadres naturels mettant en valeur des sites bâtis diversifiés, formes urbaines et parcellaires très particulières. Plusieurs phénomènes expliquent la situation actuelle : la forme très allongée et originale du territoire, héritage du Traité de Francfort, conduit à l’éloignement du Pays Haut et sa relative mise à l’écart le développement de la vallée de la Moselle autour de Metz dans le département voisin ; les importantes mutations du tissu industriel ont plus touché certains secteurs que d’autres : ainsi, si Nancy et Toul sont plutôt dynamiques, Longwy et Lunéville ont été davantage touchées par les crises économiques, même si un regain d’activité semble se dessiner.



 Les paysages bâtis ruraux

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De nombreux villages gardent un caractère rural (Vitrey)

De vastes espaces encore ruraux

Si la Meurthe-et-Moselle présente de grands secteurs urbanisés, notamment dans les vallées de la Moselle et de la Meurthe autour de Nancy, Toul, Lunéville, mais aussi dans le Pays-Haut (Longwy et Briey), une large partie de son territoire conserve un caractère encore rural et reste à l’écart du développement urbain. Les cantons les plus ruraux et les moins construits sont ceux de Blâmont, Badonviller, Cirey-sur-Vezouze dans le Lunévillois et de Colombey-les-Belles, Domèvre-en-Haye, Thiaucourt-Regnévillle et Chambley-Bussières sur le plateau de Haye, qui couvrent près de 25% du territoire avec seulement 40 000 habitants (soit 5% de la population totale).
La mécanisation de l’agriculture, amorcée dès le début du XXème siècle, a rendu de moins en moins nécessaire la main d’œuvre, entraînant une désertification des campagnes. Dans les secteurs les plus éloignés des influences urbaines, des maisons abandonnées ou vieillissantes apparaissent dans les centres des villages, mais les résidences secondaires prennent le relais, notamment aux frontières avec la Belgique et dans le Saintois. La revitalisation des bourgs et la sauvegarde du patrimoine villageois restent ainsi des enjeux importants pour les paysages départementaux.

La typologie des paysages bâtis ruraux

Des silhouettes de villages qui agrémentent les paysages

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Village groupé autour de son clocher et entouré d'une ceinture de vergers (Sexey-les-Bois)

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Le château de Haroué au milieu de la campagne du Saintois


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Le clocher à bulbe de Deneuvre, une particularité architecturale lorraine

Les villages « lorrains », par leurs formes urbaines très particulières, contribuent de façon majeure à l’identité des paysages ruraux de Meurthe-et-Moselle. Ils sont toujours avenants vus de l’extérieur, s’affichant précisément dans le paysage  , économes de l’espace : grande nappe de toits rouges à pentes douces ; silhouette du clocher de l’église, parfois à bulbes ; frange de vergers, de prés-vergers et de jardins autour, composant une ceinture végétale qui participe à l’inscription en douceur du bâti dans le paysage  .

Société rurale et paysage des villages « lorrain »

Ils ont longtemps fonctionné dans un système d’autosuffisance presque complète, chacun produisant les denrées indispensables de la vie quotidienne : les céréales pour le pain, la vigne pour le vin, les pommes de terre et les légumes du jardin pour la soupe, le miel, l’osier, le chanvre et le lin ; parfois quelques plants de tabac amélioraient l’ordinaire. Chaque foyer engraissait son cochon, et les troupeaux fournissaient le lait et la viande.La population était très hiérarchisée :

  • en haut de l’échelle sociale se tenaient les notables formés des familles enrichies par le travail de la terre, dont faisaient partie le maïeur(maire) ;
  • puis venaient les laboureurs, travailleurs « riches » et respectés qui possédaient les plus grandes parcelles et disposaient sur les usoirs le matériel agricole, la réserve de bois et l’imposant tas de fumier, véritables signes extérieurs de richesse de la famille ;
  • les laboureurs-fermiers, moins riches, et les vignerons, les artisans et les manouvriers, occupaient des maisons plus modestes.
    Parfois, une maison de riche bourgeois rentier ou retraité de la terre venaient compléter le village en s’installant à l’écart(source : Gérard Claude, La maison rurale en Lorraine, 1990).

Des sites bâtis valorisants

Les positionnements des établissements humains ne sont pas le fruit du hasard. La reconnaissance des sites bâtis peut utilement inspirer les choix contemporains d’extension d’urbanisation. Les villages s’installent généralement sur les sites les plus propices, idéalement à proximité d’un plateau forestier dominant une plaine au terroir fertile.

Les reliefs concourent ainsi à mettre en scène les formes bâties :

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Le site bâti perché de Liverdun dans la vallée de la Moselle

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Le village de Moyen, perché sur un rebord de la vallée de la Mortagne

  • les sites perchés Rares dans le département, ce sont d’anciens sites défensifs stratégiques. Ils proposent des silhouettes bâties bien visibles dans le paysage   et offrent de larges points de vue panoramique : Liverdun, Moyen, Amance, Briey, … ;
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Le village de Lagney, accroché au coteau

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Le village de Charme-la-Côte, accroché aux Côtes de Meuse

  • les villages accrochés aux coteaux
    Ils se rencontrent fréquemment dans le département, notamment le long des Côtes de Moselle et de Meuse. Le bâti généralement installé en piémont, où sourdent les sources, s’appuie alors sur une côte favorable à la culture des fruitiers et de la vigne dans les éboulis calcaires, les « grouines », et qui forment une ceinture végétale enveloppant le village : les villages « sous les côtes », sont ainsi abrités des vents d’ouest et des pluies les plus fortes, les sources ne manquant pas, le bois et les terres cultivables étant disponibles. Ils se rencontrent fréquemment sur les côtes de Meuse et de Moselle : Lagney, Lucey, Bulligny, … ;
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Le site de Pont-à-Mousson, dans la vallée de la Moselle

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Le site de Baccarat dans la vallée de la Meurthe

  • les sites de fond de vallée Ils sont également fréquents ; le bâti s’installe au bord de l’eau, à l’origine avec un certain recul pour ne pas subir les crues, et compose des sites souvent bien visibles depuis les versants des vallées : Pont-à-Mousson, Nancy, Baccarat, …
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Cons-la-Granville, village niché dans la vallée de la Chiers

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Vézelise, bourg niché dans la petite vallée du Brénon

  • les sites nichés dans les petites vallées étroites Ils se distinguent des précédents parleur discrétion, le bâti reste invisible depuis le plateau et se découvre par surprise au dernier moment : Vézelise, Blâmont, Pulligny, Longuyon, Cons-la-Granville, …
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Lunéville, dans une plaine à la confluence de la Meurthe et de la Vezouze

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Toul installée dans la plaine de la Woëvre

  • les sites de plaine ou de plateau Ils sont souvent moins spectaculaires, mais ils peuvent présenter des paysages bâtis forts, tel que la ville fortifiée de Toul précisément installée en bord de Moselle, ou encore Lunéville située à la confluence de la Meurthe et de la Vezouze. Les villages et petits bourgs, au bâti groupé et compact enveloppé dans une ceinture de vergers, sont signalés par le clocher, signal visuel précieux dans l’horizontalité des paysages de plaine et de plateau : Viéville-en-Haye, Mars-la-Tour, ...

Des formes urbaines caractéristiques

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Structure caractéristique du village lorrain : maisons jointives perpendiculaires à la rue et s’étirant en profondeur


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Des sites bâtis précisément positionnés et organisés dans leurs finage un village du plateau de Haye installé au centre d’une clairière agricole

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L'organisation précise du bâti traditionnel du village-rue lorrain : des ambiances contrastées entre l'usoir souvent austère côté rue et les jardins avenants côté campagne

C’est l’habitat mitoyen, soigneusement agencé, allongé entre usoir   et meix, qui compose ces villages bien individualisés dans l’espace agricole.

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Implantation type d’un village lorrain sur une côte (l’exemple de Bulligny) : le village rue entouré de vergers, la forêt sur le front de côte, la plaine cultivée

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Implantation type d’un village lorrain sur une côte (l’exemple de Bulligny) : parcellaire très morcelé sur le coteau

  • Le village-rue est la forme la plus fréquente et la plus caractéristique des villages lorrains. Il se compose le plus souvent de deux rangées de maisons jointives qui encadrent une rue élargie d’usoirs. Un espace généreux accompagne ainsi les voies de circulation, ouvrant les perspectives. Cette organisation simple du bâti peut varier en fonction de la topographie, de la présence d’une rivière ou de sources : certains se sont dédoublés en deux rues parallèles formant un U, parfois la rue suit la courbe d’un méandre, …
    Les maisons sont presque toujours accolées les unes aux autres, perpendiculairement à la rue, et s’étirent en profondeur sur d’étroites et longues parcelles : une forme très particulière, aujourd’hui parfois difficile à adapter pour répondre aux nouvelles attentes en matière d’habitat.
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Un exemple de village-tas : Mont-l’Etroit

  • Le village-tasprésente une organisation moins courante que celle du village-rue. Il ne s’organise pas autour de la rue mais autour d’un élément important tel qu’un château, une église ou une place. Son plan apparaît ainsi plus ramassé et complexe : il est découpé par de nombreuses rues, parfois tortueuses, aux usoirs étroits ou inexistants. Les maisons restent le plus souvent dépourvues de jardins.
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Un exemple de village-rue de vignerons : Bruley

  • Le village de vigneronsprésente le plus souvent les caractéristiques du village-rue et se retrouve dans certaines parties du département, sur les côtes bien exposées, là où la vigne a prospéré. On les retrouve dans le Toulois, où la viticulture est restée vivante, mais aussi dans des zones où elle a disparu comme dans la vallée du Rupt de Mad, du côté de Pont-Saint-Vincent, de Lunéville et de Baccarat, et sur les côtes autour de Nancy.
    Ces villages sont jalonnés de trappes de caves qui s’ouvrent sur la rue.
    Une architecture rurale très identitaire
    La maison rurale traditionnelle
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Maison traditionnelle lorraine (Viterne)


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Ferme traditionnelle à plusieurs rains (Vaudémont)

La maison rurale traditionnelle réunit sous le même toit les hommes, les animaux, les récoltes et le matériel. Il n’y a ni cour, ni annexes, le matériel agricole trop encombrant, tout comme le tas de fumier et la réserve de bois, étant entreposés devant la maison sur l’usoir  .
La maison étroite et profonde s’installe sur une parcelle en lanière. Elle s’ouvre d’un côté sur l’usoir   côté rue et de l’autre sur le jardin, le meix, terminé par le verger à l’arrière.

Un habitat aux volumes généreux organisés en plusieurs rains (ou travées)

La maison s’organise généralement en trois travées, les rains :

  • le logis se compose de la cuisine, pièce à tout faire située au centre de la maison qu’elle permet de chauffer et ne possédant pas de fenêtres (une flamande simple ouverte dans le toit permet de l’éclairer). A l’avant, donnant sur la rue, le « poêle » sert de pièce de réception ; à l’arrière, donnant sur le jardin, se trouve la chambre ;
  • la grange, qui s’ouvre sur la rue par une grande porte souvent en plein cintre ;
  • l’écurie.

S’y ajoute le grenier qui sert à stocker le grain et le foin.

La maison est construite en pierre locale (voir « Les paysages et la géologie »). Les murs épais sont le plus souvent recouverts d’un enduit de mortier de chaux et d’argile protégeant la pierre, plus rarement, les constructions sont construites avec de la pierre de taille apparente, telle que la pierre de Jaumont à la teinte jaune caractéristique. Après la deuxième reconstruction (années 1950), l’utilisation d’enduit en ciment s’est généralisée, offrant une teinte gris sombre au village lorrain. Les restaurations les plus récentes, notamment dans les villages patrimoniaux ou proches des zones urbanisées, font renaître les enduits à la chaux, redonnant de la couleur aux maisons anciennes.

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Porte de grange cintrée et porte d’entrée à fronton ornent la façade d’une maison du Pays de la Vezouze : particularité locale, ces portes monumentales ont été réalisées aux XVIIe et XVIIIe siècles par des artisans italiens (Autrepierre).

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Traditionnellement, des poiriers palissés étaient plantés le long des façades, leurs racines permettant d’absorber l’humidité des fondations (Norroy-le-Sec)

Hormis la porte de la grange, monumentale et imposante, les ouvertures sont réduites au strict minimum afin de se protéger du froid en hiver. Vestige de la colonisation romaine, la toiture présente une pente étonnamment faible pour cette région du Nord-Est de la France, donnant à la maison un air presque méridional. Ce caractère est renforcé par l’utilisation traditionnelle de la tuile canal, aujourd’hui largement remplacée par la tuile mécanique, mais que l’on retrouve sur certaines toitures anciennes. Les ornements sont rares, avec des chaînages d’angles et des encadrements de fenêtres en pierre de taille apparentes et parfois sculptées. C’est notamment le cas des portes à fronton de la vallée de la Vezouze, non loin de Lunéville, où les portes sont surmontées de frontons brisés, moulurés et ornés de sculptures. On voit encore par endroits des arbres fruitiers palissés sur la façade (poirier).

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Disposition de la maison de vigneron avec ses deux bâtisses séparées par une petite cour

Ce plan type se décline suivant le niveau de richesse et la fonction des occupants :

  • La maison de laboureur est généralement très vaste (environ 250 m²) et comprend trois rains indispensables au bon fonctionnement de l’exploitation (logement, grange et écurie). Une vaste porte, souvent en plein cintre s’ouvre sur la rue. Ces bâtisses imposantes se retrouvent au centre du village tandis que les maisons plus modestes des manouvriers sont repoussées aux extrémités.
  • La maison de manouvrier est plus discrète et humble. Elle se compose souvent de deux travées : l’une pour le logis (cuisine et chambre), l’autre pour les récoltes et les animaux. Un grenier ouvert sur la rue par une gerbière complète le bâtiment.
  • La maison de vigneron, se rencontre surtout dans le Toulois et le Rupt-de-Mad (ancien vignoble de Thiaucourt). Ces maisons sont très profondes et se composent en réalité de deux bâtisses construites sur la même parcelle : la première donne sur la rue et abrite hommes et animaux ; à l’arrière, la bougerie était destinée à la fabrication et à la conservation du vin avec les bouges (cuves) et le pressoir. La cave ou le cellier semi-enterré se situe généralement sous la bougerie. Les deux constructions sont séparées par une petite cour qui comportait souvent un puits.

(source : Musée lorrain)

 Les paysages urbains : des villes enrichies par la force de leurs sites et la qualité de leur patrimoine

Les vallées : un cadre naturel et rural de qualité pour l’urbanisation

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Le site de Pont-à-Mousson dans le fond de vallée de la Moselle, cadré par les coteaux cultivés et couronnés de boisements

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La centrale thermique EDF de Blénod-lès-Pont-à-Mousson, monument installé dans la vallée de la Moselle

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La campagne forme un arrière-plan précieux pour la ville (Chaligny)

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Les coteaux couronnés de boisement et les derniers espaces agricoles constituent un cadre naturel précieux pour l’urbanisation qui s’étend dans la vallée de la Moselle

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Les coteaux boisés, des horizons précieux visibles depuis les centres urbains (Nancy)

Les principales villes du département se sont épanouies dans les plaines et fonds de vallées, le long des voies principales de communication, à proximité des cours d’eau qui permettent l’installation de l’industrie et favorisent les échanges fluviaux. Ces sites offrent le plus souvent un cadre naturel remarquable pour l’urbanisation. Les boisements qui coiffent les reliefs dessinent les limites des paysages urbains, clairement lisibles ; depuis l’intérieur des villes, ces mêmes coteaux constituent les horizons boisés précieux, magnifiant les perspectives des rues et adoucissant l’ambiance des paysages bâtis. Les espaces agricoles, lorsqu’ils sont encore présents, contribuent à valoriser les paysages des vallées urbanisées : ils composent des toiles de fond sur les coteaux ; mais surtout ils valorisent les précieuses et fragiles coupures d’urbanisation en fond de vallée, séquençant une urbanisation qui tend à devenir linéaire et continue ; ils constituent enfin, comme les forêts, des espaces de nature de proximité, attractifs pour les habitants en étant visibles et plus ou moins accessibles.

Un patrimoine urbain et architectural de qualité

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La place Duroc de Pont-à-Mousson, un bel ensemble architectural et urbain

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La place Darche de Longwy-Haut

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La ville de Toul, bien tenue dans ses fortifications

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La place Stanislas à Nancy

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La villa Jika, ou villa Majorelle, première maison Art Nouveau de Nancy, dessinée par l'architecte Henri Sauvage en 1901

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Richesse du patrimoine industriel : réhabilitation d'un bâtiment des usines de Senelle-Maubeuge en résidence (Herserange)

Un riche patrimoine architectural et urbain marque les centres des villes de Meurthe-et-Moselle :

  • les ensembles architecturaux et urbains du XVIIIe siècle à Nancy, à Lunéville ; plus récemment, c’est le mouvement Art Nouveau de l’école de Nancy qui a laissé un remarquable patrimoine animant les rues de Nancy ; dans un tout autre genre, certains paysages bâtis hérités de l’activité industrielle du siècle passé apparaissent spectaculaires, en voie de renouvellement ;
  • le patrimoine militaire, avec notamment les fortifications de Vauban encore bien visibles à Toul et à Longwy-Haut,
  • le patrimoine religieux avec les cathédrales de Toul ou de Saint-Nicolas-de-Port qui dessinent des silhouettes caractéristiques et facilement identifiables.

Nancy : le cadre puissant de la vallée de la Meurthe

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L’agglomération nancéienne dans la vallée de la Moselle

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L’agglomération de Nancy dominée par le rebord boisé du plateau de Haye

« Nancy, comme Toul, est dans une vallée mais dans une belle large et opulente vallée. La ville a peu d’aspect : les clochers de la cathédrale sont des poivrières pompadour. […] la place de l’Hôtel de Ville est une des places rococo les plus jolies, les plus gaies et les plus complètes que j’ai vues. C’est une décoration fort bien faite et merveilleusement ajustée avec toutes sortes de choses qui sont bien ensemble et qui s’entraident pour l’effet ; des fontaines en rocaille, des bosquets d’arbres taillés et façonnés, des grilles de fer épaisses, dorées ou ouvragées, une statue du roi Stanislas, un arc de triomphe d’un style tourmenté et amusant, des façades nobles, et élégantes, bien liées entre elles et disposées selon des angles intelligents. […] C’est une place marquise. J’ai vraiment regretté que le temps me manquât pour voir le détail et à mon aise cette ville toute de style de Louis XV. »Victor Hugo, Le Rhin (1845)

Un cadre naturel de grande qualité

Extrait de la carte IGN montrant le site de Nancy dans un bassin au creux des Côtes de Moselle, traversée par la Meurthe. L’agglomération reste encore cadrée par les reliefs des fronts de côte et des buttes-témoins.


L’agglomération de Nancy est cadrée par les boisements du plateau de Haye à l’ouest, les buttes-témoin du Grand Couronné et les espaces agricoles à l’est.

Nancy, installée dans la vallée de la Meurthe, entre le plateau de Haye à l’ouest et les buttes-témoin du Grand Couronné à l’est, présente un cadre naturel remarquable, dessiné par des reliefs puissants couronnés de boisements (la forêt de Haye). L’urbanisation, qui s’étend largement dans le fond de la vallée reste ainsi précisément encadrée par les crêtes boisées, malgré quelques constructions en signal sur les pentes et le plateau de Haye (Haut du Lièvre et sa tour panoramique, notamment).

Un riche patrimoine architectural et urbain, héritage des XVIe - XVIIIe siècles

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La porte de la Craffe, construite en 1336, un vestige des fortification de Nancy alors simple bastion sur la route du sillon mosellan

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La place Stanislas ornée des magnifiques grilles en fer forgées dessinées par Jean Lamour valent à Nancy le surnom de « ville aux Portes d'Or »

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La paisible place d'Alliance cadrée par ses tilleuls taillés

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Les allées ombragées du parc de la Pépinière, précieux espace vert au centre de la ville

Fondée au XIe siècle, Nancy est une ville ducale qui connaît un rapide essor au cours du Moyen-âge et devient capitale du Duché de Lorraine. Installée en rive de Meurthe, sur un gué qui permet la traversée des hommes et des bêtes, la petite place forte de Nanciacum se développe au carrefour d’une voie importante nord-sud et de la route du sel (est-ouest), à proximité de la giboyeuse forêt de Haye. Capitale du Duché de Lorraine, la ville garde un riche patrimoine architectural et urbain, le plus remarquable étant l’héritage des XVIe-XVIIIe siècles avec le damier urbain de la ville neuve de Charles III et l’ensemble architectural du roi Stanislas Leszczynski formé des places Stanislas, Carrières et Alliance. Toutes trois inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, elles unissent la Ville Vieille et le Ville Neuve. Le secteur sauvegardé, créé en 1976, rassemble plus largement sur 150 ha à la fois la ville vieille ducale, la ville neuve et l’ensemble place Stanislas-Pépinière.

Les mutations et transformations des XIXe et XXe siècles

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Au XIXe siècle, les quartiers résidentiels se développent à l'ouest de Nancy, avec de nombreux bâtiments d'inspiration Art nouveau dessinés par les architectes de l'Ecole de Nancy, rue Raymond Poincaré


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Le canal de la Marne au Rhin, construit en 1838, favorise le développement de quartiers industriels à l'est de Nancy


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L'arrivée du chemin de fer à Nancy en 1852 participe au développement de la ville au XIXe siècle

Les XIXe et XXe siècles accélèrent le développement de la ville autour de son cœur patrimonial, avec l’arrivée du canal de la Marne au Rhin (1838) et du chemin de fer (1852) ; au début du XXème siècle, les quartiers résidentiels s’installent à l’ouest, les quartiers industriels à l’est.
La commune de Nancy elle-même, de taille réduite, avait déjà urbanisé ses 1500 ha après la Première Guerre mondiale. Les années 1950 voient le début d’une nouvelle vague d’urbanisation sous forme de grands ensembles, puis d’une large ceinture de lotissements de maisons individuelles. Ce tissu est encore bien visible aujourd’hui.
Après 1962, la population de la commune décline au profit de la première puis de la seconde couronne par un phénomène d’étalement urbain. La population de l’agglomération ne cesse de s’accroître, passant de 270 000 habitants en 1962 à plus de 331 278 en 2006. Parallèlement, la ville-centre regagne des habitants depuis 1982 grâce à des opérations de réhabilitations urbaines qui laissent une large place à l’habitat notamment dans le quartier Meurthe-Canal.

Une agglomération dense

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Les grands ensembles du Haut du Lièvre, construits à partir de 1958 sur le plateau de Haye : un paysage urbain marquant en plein renouveau


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Les silhouettes massives des immeubles du Haut du Lièvre émergent du plateau boisé de Haye marquant l'horizon de l'agglomération à l'est


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Etalement de l'urbanisation à l'est de Nancy sous forme d'habitat individuel et de zones commerciales (Pulnoy)

Aujourd’hui, l’agglomération de Nancy, qui englobe près de 46% de la population du département, reste le pôle principal de Meurthe-et-Moselle et la deuxième plus grande aire urbaine de Lorraine, après Metz.
Ses paysages s’organisent en quartiers autour de la ville-centre, marqués chacun par leur époque. La première couronne est formée des communes limitrophes à Nancy et concentre l’habitat collectif (barres, tours) des années 1960 et 1970 (Jarville, Tomblaine, Essey, Saint-Max, Malzéville, Maxéville, Champigneulles, Laxou, Villers, Vandœuvre). La deuxième couronne est marquée par l’étalement de l’habitat individuel dans de vastes zones pavillonnaires que le développement de l’automobile a permis dans les années 1980 et 1990 (Bouxières, Heillecourt, Ludres, Dombasle, Saint-Nicolas, Varangéville, Pulnoy, Liverdun Seichamps…).

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Les tours du quartier Saint-Sébastien, un paysage urbain marquant


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Du haut de ses 100 mètres, la tour Thiers, construite en 1975 face à la gare, forme un des principaux points de repère urbain de Nancy


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Vue de la tour Thiers depuis la place Stanislas

Les tentatives de rajeunissement du centre ancien se feront de manière assez brutale au cours des années 1960 et 1970, avec la destruction de logements insalubres et la construction de commerces et d’immeubles de bureaux :

  • le quartier Saint-Sébastien se compose de plusieurs tours d’environ 15 à 20 étages organisées autour d’un vaste centre commercial,
  • le quartier de la gare a connu l’opération la plus spectaculaire avec la construction en 1975 de la tour Thiers (100 m de haut) et qui fut l’objet de vives critiques parce qu’elle jouxte des immeubles datant de l’époque Art nouveau et qu’elle bouche la perspective vers l’ouest depuis la place Stanislas,
  • les quartiers Croix-de-Bourgogne et Saint-Léon à l’ouest de la gare sont les dernières opérations d’urbanisme de grande ampleur du centre-ville.
    Les projets urbains à l’échelle du Grand Nancy
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Le port Sainte-Catherine sur le canal de la Marne au Rhin, nouveau pôle d'attraction du quartier des « Rives de Meurthe »


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Aménagement récent des « Rives de Meurthe » par l'architecte-paysagiste Alexandre Chemetoff, vaste quartier de 300 ha s'étendant entre la Meurthe et la canal de la Marne au Rhin


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Reconquête des berges de la Meurthe : circulations douces et promenade aménagée


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Reconquête des berges de la Meurthe : quartiers d'habitations, promenade aménagée


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Projet de rénovation urbaine sur le Plateau de Haye, Nancy


Désormais, les projets d’urbanisme se font à l’échelle du Grand Nancy, créé en 1995 et qui rassemble 20 communes :

  • le développement du plateau de Brabois, avec la délocalisation de l’école d’ingénieur (INPL), de bâtiments pour les institutions de recherche (CNRS, INRS, BRGM, INIST), du Pôle technologique de Brabois, … ;
  • la reconquête des berges de la Meurthe, dont la ville s’était longtemps tenue à l’écart : le projet d’aménagement « Rives de Meurthe », initié en 1995 et conduit par Alexandre Chemetoff, vise à franchir la coupure entre Nancy et sa banlieue que représente la rivière doublée du canal de la Marne au Rhin et d’une ancienne voie ferrée. D’importants travaux hydrauliques ont permis de restructurer les berges de la Meurthe et de nombreuses constructions ont redynamisé le quartier avec notamment l’installation de nombreuses écoles (architecture, ingénieurs, cadres territoriaux) ;
  • les abords de la gare avec la construction de bureaux et logements sur des délaissés ferroviaires, ainsi que la restructuration de la gare afin d’accueillir les TGV ;
  • la rénovation urbaine sur le Plateau de Haye (Haut-du-Lièvre, Aulnes, Champs-le-Bœuf, Solvay) amorce la requalification des vastes quartiers de grands ensembles qui marquent fortement l’horizon ouest de l’agglomération. Les multiples projets qui transforment peu à peu le visage de ce morceau de ville, visent à mieux connecter ces quartiers isolés, à renforcer la mixité sociale, à améliorer le cadre de vie des quelques 14 000 habitants.

Pont-à-Mousson : une ville épanouie dans la vallée de la Moselle

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Extrait de la carte IGN de Pont-à-Mousson : la ville reste lovée dans le fond de la vallée de la Moselle


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Pont-à-Mousson dans la vallée de la Moselle


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La Place Duroc cadrée d’élégantes arcades, Pont-à-Mousson


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La Moselle, avec l'abbaye des Prémontrés et les beaux coteaux verdoyants des Côtes de Moselle, compose un beau paysage urbain


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Les jardins de l'abbaye des Prémontrés sur les berges de la Moselle


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La fonderie de Pont-à-Mousson, une image associée à la ville, ici vue depuis le train


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La fonderie de Pont-à-Mousson, cathédrale industrielle


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Le morcellement du fond de vallée par les gravières, vue depuis la butte de Mousson

Avec ses 26 594 habitants (aire urbaine, INSEE 2007), la ville profite de sa situation dans la vallée de la Moselle, entre Metz et Nancy : elle a été choisie comme siège de l’Etablissement Public Foncieret du Parc Naturel Régional de Lorraine. Le site qu’elle forme en fond de vallée est remarquablement perceptible depuis les coteaux et notamment depuis la butte de Mousson qui la surplombe à l’est :

  • l’urbanisation s’est plus largement étendue sur la rive gauche de la Moselle, au pied des côtes ensoleillées,
  • le fond de vallée, fortement artificialisé par les gravières  , présente aujourd’hui un aspect très morcelés par les nombreux étangs,
  • les coteaux mêlent cultures, prairies et vergers,
  • le tout est clairement tenu par la couronne boisée qui couvre le front des côtes.
    Ainsi calée dans la vallée de la Moselle, la ville s’étend de part et d’autre de la vieille-ville disposée autour de sa place triangulaire à arcades (Place Duroc) : au sud, la fonderie et ses quartiers résidentiels liés à l’usine, au nord, des zones commerciales et quartiers plus récents. De part et d’autre de la Moselle, elle offre des vues urbaines privilégiées liées à l’eau, avec notamment l’Abbaye des Prémontrés (XIIIe siècle) qui forme un splendide ensemble bâti au bord de l’eau.
    La ville reste fortement liée à sa fonderie, crée en 1856, dont l’usine monumentale, impressionnante cathédrale de métal, gérée aujourd’hui par Saint-Gobain, se situe juste à l’amont (Blénod-lès-Pont-à-Mousson).

Toul : une ville au pied des Côtes de Toul, sur les bords de la Moselle

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Extrait de la carte IGN de Toul : la ville s’étend en bord de Moselle et au pied des Côtes de Toul


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La ville fortifiée de Toul bien visible depuis la butte-témoin du Mont-Saint-Michel


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Les fortifications de Toul


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La cathédrale de Toul

Avec 22 321 habitants dans son aire urbaine (INSEE 2007), Toul connaît un certain dynamisme en raison en particulier de sa proximité avec Nancy. Installée entre la Moselle et le canal de la Marne au Rhin, elle est dominée à l’ouest par les reliefs des côtes de Meuse (côtes de Toul), et notamment par la butte-témoin   du mont Saint-Michel qui offre une claire vision d’ensemble de la ville depuis ses pentes. Les deux tours gothiques de la cathédrale Saint-Etienne, construite du XIIe au XVe siècle, bien visibles depuis la plaine, marquent la silhouette urbaine. Sévèrement touché par les combats de la Seconde Guerre mondiale (la ville a été détruite à 40%), le centre ancien conserve néanmoins précieusement un riche patrimoine dans ses fortifications remarquablement lisibles, construites par Vauban en 1700. Aujourd’hui, la ville a dépassé son enceinte fortifiée pour s’étendre au nord-est sur les pentes du mont Saint-Michel et vers la zone industrielle de la Croix-de-Metz, et au sud vers l’autoroute A31, s’étalant largement dans la plaine.

Lunéville, une ville au riche patrimoine architectural

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Extrait de la carte IGN de Lunéville : la ville s’installe dans une plaine à la confluence de la Meurthe et de la Vezouze


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L'église Saint-Jacques


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Le château de Lunéville, un trésor architectural au cœur de la ville

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Les jardins du château de Lunéville, un élégant parc mettant en valeur le paysage et le cadre de vie du centre-ville

La ville compte 27 876 habitants dans son aire urbaine (INSEE 2007). La grande richesse de son patrimoine architectural et urbain fait oublier la certaine neutralité de son site naturel de plaine situé à la confluence des vallées de la Vezouze et de la Meurthe. Sur l’ancienne route du sel, la ville se développe surtout au XVIIIe siècle, alors qu’elle est la résidence du duc de Lorraine Léopold. Elle conserve de cette époque un riche patrimoine :

  • l’église Saint-Jacques, dont les deux tours de style rococo émergent au-dessus des toits et sont bien visibles depuis les alentours ;
  • son château, qui accueillit la cour du duc Léopold en 1702, et dont l’architecte Germain Boffrand s’inspira de Versailles lors de sa construction, ce qui lui vaut le surnom de « Versailles lorrain ». Cette vaste construction, directement ouverte sur la ville d’un côté et sur ses jardins de l’autre, présente une grande qualité architecturale (classé monument historique depuis 1998) valorisant le paysage   du centre-ville ;
  • les Bosquets, noms donnés aux jardins situés à l’arrière du château, ont perdu les « folies » de Stanislas (le Kiosque, le Trèfle, les Chartreuses et la Cascade), mais ses allées ombragées et ses pelouses composent aujourd’hui un élégant parc qui participe à la qualité du cadre de vie du centre-ville ;
  • ses places aux belles proportions (place des Carmes, place Léopold).

Après la guerre de 1870, Lunéville devient ville frontière ; outre une importante garnison, elle accueille de nombreux rapatriés mosellans et alsaciens, ainsi que des entreprises telle que la Lorraine-Dietrich.
Bien que plus peuplée que Toul et Pont-à-Mousson, elle connaît une perte de vitesse importante avec une population qui ne cesse de baisser depuis 1968. L’activité industrielle y est peu importante et l’activité touristique peine à se renforcer.

Longwyet le Pays-Haut : des paysages marqués par les bouleversements industriels

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Extrait de la carte IGN de Longwy : l’agglomération s’étend au nord, débordant le site d’origine installée sur le rebord du plateau surplombant la vallée de la Chiers


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Les fortifications de Longwy-Haut construites par Vauban à la fin du XVIIe siècle


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Longwy-Bas, le quartier industriel dans la vallée de la Chiers


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Les friches industrielles du fond de vallée, en partie en cours de réhabilitation avec la création d'un golf

Avec ses 40 893 habitants (INSEE 2007), l’agglomération de Longwy est la deuxième du département. Elle connaît cependant une importante chute de sa population : entre 1975 et 2006, elle a perdu 10 000 habitants, la seule ville de Longwy étant passée de 22 000 habitants à 14 000 habitants pendant cette même période.
Bien avant sa période industrielle, Longwy connaît une riche histoire liée à sa situation aux frontières des Duchés de Lorraine et de Bar, puis du royaume de France. Longwy-Haut est une place forte construite par les ducs de Lorraine sur un plateau dominant la vallée de la Chiers et la ville de Longwy-Bas ; elle est fortifiée par Vauban après son annexion au royaume de France en 1670. Une ville neuve est alors construite, marquant encore aujourd’hui le paysage   urbain avec ses rues au tracé orthogonal, magnifiée par la citadelle fortifiée de Vauban organisée autour de la place d’Armes.
Malgré les nombreuses destructions successives infligées par les guerres de 1870, puis les bombardements de 1914 et 1944, la citadelle a survécu, inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008.Longwy-Bas occupe un site spectaculaire au pied de la côte ; elle s’est développée rapidement au XIXe siècle, en même temps que les industries de Lorraine, la Société des aciéries de Longwy étant fondée en 1880. La vallée de la Chiers, jusqu’alors peu urbanisée, se couvre de cités ouvrières qui s’étendent sur les pentes raides tandis que les usines, monumentales, occupent les fonds. C’est à cette époque que naissent les Emaux de Longwy dont la production est encore assurée de nos jours par cinq faïenceries.
Depuis les années 1970, la restructuration du bassin industriel lorrain a fortement touché Longwy : taux de chômage en hausse (bien que redescendu grâce au mesures sociales du plan acier), nombre de logements vacants important, vieillissement de la population, …
Si les friches industrielles marquent encore les fonds de vallée, un centre de vie a pris place autour de la gare et de nombreux efforts sont menés pour développer une agglomération transfrontalière, à travers le projet de Pôle Européen de Développement.
Des opérations de réhabilitations d’envergure proposent de nouveaux paysages tel le golf d’Herserange : la mise en scène d’éléments du patrimoine industriel (ancien haut-fourneau, cuves de réfrigération) propose une nouvelle lecture du fond de la vallée de la Chiers bien visible depuis Longwy et Herserange.
Aujourd’hui, Longwy est fortement liée aux villes Luxembourgeoises, celles-ci proposant des emplois mieux rémunérés. Progressivement, les zones urbanisées ont formé une agglomération transfrontalière de plus de 120 000 habitants (INSEE 2005) avec Aubange (Belgique), Pétange et Differdange (Luxembourg).
Les petits bourgs, une importance locale majeure

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Briey, dans la vallée du Woigot

D’autres pôles urbains moins importants ponctuent le département :

  • l’agglomération de Briey, qui s’étend aujourd’hui bien au-delà de la belle cité médiévale perchée au-dessus du Woigot, ne forme plus qu’une avec l’agglomération de Metz (selon l’INSEE), en constituant un couloir urbanisé le long des vallées du Woigot et de l’Orne (Auboué, Homécourt et Joeuf, en Meurthe-et-Moselle) ;
  • Jarny (12 615 habitants dans l’unité urbaine en 2009, INSEE), s’est développée grâce aux mines de fer (Jarny, Giraumont, Droitaumont) et à sa position sur un carrefour ferroviaire important (ancienne gare de triage de Conflans-Jarny) ; elle forme une petite agglomération (Conflans-en-Jarnisy, Jarny et Labry) qui s’étend à la jonction entre la plaine agricole humide de la Woëvre et du plateau du Pays-Haut, sur les berges de l’Orne ;
  • enfin quelques petites villes cristallisent les équipements locaux et prennent le relais des grands centres urbains dans les secteurs plus éloignés : Villerupt, Longuyon, Baccarat, Tucquegnieux.

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 Fer, sel et verre : les paysages des activités

La Meurthe-et-Moselle a construit sa prospérité industrielle sur quelques grandes industries, nées de l’exploitation des matières premières du sous-sol et profitant de l’afflux de Lorrains et d’Alsaciens ayant fui les territoires annexés en 1871. Ce développement a conduit à la création de nouveaux paysages, par endroits spectaculaires.

 L’industrie du fer

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L’industrie du Fer jusqu'à la fin du XXe siècle en Meurthe-et-Moselle

Une épopée fulgurante

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La Société du Train universel de Longwy, usine sidérurgique fermée depuis 2005

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L'ancien train à fil d’Herserange

Il a suffi d’un siècle pour que l’exploitation industrielle du gisement de fer marque de façon puissante les paysages du département. L’épopée démarre réellement avec l’invention de techniques permettant d’éliminer le phosphore, qui réduisait jusqu’alors l’utilisation de la minette (minerai de fer lorrain) à la production de fonte. En 1879, le procédé Thomas-Gilchrist favorise de façon décisive l’expansion de la sidérurgie lorraine et de l’extraction du minerai. La Lorraine se voue alors pendant près d’un siècle aux mines et à la sidérurgie, marquant ses hommes et femmes (plus de 260 000 personnes ont travaillé dans ce secteur d’activité en Lorraine : les « gueules jaunes », mineurs de fer).
L’aventure s’illustre notamment en 1887 avec une commande exceptionnelle passée aux forges de Pompey : 8 000 tonnes d’acier pour la construction de la Tour Eiffel. Elle durera jusque dans les années 1970 : l’arrivée de minerais de meilleure qualité venue de Suède, Mauritanie, Brésil, …, mettra progressivement un terme à l’exploitation des mines lorraines, la dernière fermant en 1997 à Audun-le-Tiche (Moselle).

Les trois principaux bassins ferrifères se situaient à Nancy, Longwy et Briey, l’ensemble formant un des plus puissants gisements du monde, contenant environ 2 milliards de tonnes de fer. Toutes les mines, aujourd’hui fermées, fournissaient la matière première pour les usines sidérurgiques groupées autour de Longwy, Joeuf-Homécourt, Pompey et Neuves-Maisons. Seules quelques usines de transformations ont été sauvées et marquent encore les paysages des vallées de leurs silhouettes monumentales :

  • dans le bassin de Longwy, on retrouve Lexy à Longwy, l’usine à tôle et feuillard de Montigny-sur-Chiers ;
  • dans la vallée de la Moselle, quelques ateliers subsistent, tels que les fabriques de tubes à Belleville ou de ressorts à Custines, la SAM à Neuves-Maisons. Seules les Fonderies de Pont-à-Mousson restent à peu près intactes et continuent de fabriquer les tubes en fonte ductile, avec l’appui de la société Saint-Gobain dont elle fait partie ;
  • dans le bassin de Joeuf-Homécourt, les friches ont remplacé les usines, laissant un vide au cœur même de la vallée de l’Orne.

Les paysages du fer

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L’usine SAM, toujours en activité, marque fortement le paysage de la vallée de la Moselle à Neuves-Maisons

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Les fonderies de Foug et les pentes boisées des Côtes de Meuse en arrière-plan


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La fonderie de Pont-à-Mousson


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Longwy, un site industriel contraint dans la vallée de la Chiers


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Les traces du passé industriel sont encore bien visibles dans la Pays Haut : ici la reconversion du site métallurgique de Senelle-Maubeuge en golf

Le siècle d’exploitation intensive du minerai de fer et de développement de la sidérurgie ont considérablement marqué les paysages, notamment dans les bassins ferrifères de Longwy-Briey (le plus riche en minerai) mais aussi dans tout le sillon mosellan. Un phénomène d’urbanisation bien spécifique s’est développé autour des mines et des usines sidérurgiques : de grands ensembles industriels voient le jour, avec leurs hauts-fourneaux, raffineries, martinets, laminoirs, crassiers, ...
Les villages ruraux connaissent une véritable explosion urbaine. Les cités ouvrières se multiplient, couvrant progressivement les pentes et fonds de vallées, débordant sur les rebords de plateaux, dessinant des paysages urbains spectaculaires.

Le bassin industriel du Pays-Haut : vallées et plateaux

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Urbanisation sur le plateau autour des mines de fer de Tucquegnieux et de Trieux

Dans le Pays-Haut, la pression urbaine a été particulièrement forte sur les Côtes de Moselle (département de la Moselle) où elle forme une conurbation entre Metz et Thionville et se prolonge en Meurthe-et-Moselle le long de la vallée de l’Orne (bassin de Briey). L’urbanisation se développe aussi dans la vallée de la Chiers (Longwy) et dans le Val d’Alzette (Villerupt). Sur les plateaux, les filons de minerai plus profonds deviennent moins accessibles et plus pauvres. Mines et cités ouvrières se sont toutefois développées autour de villages ruraux : Jarny, Tucquegnieux, Joudreville, Mancieulles, Piennes, …

La vallée industrielle de la Moselle

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L'urbanisation de la vallée de la Moselle cadrée par les coteaux boisés, vue depuis Custines

Dans la vallée de la Moselle, la métallurgie transforme profondément les bourgs de Pompey, Frouard, Dieulouard, Belleville, Blénod-lès-Pont-à-Mousson, Pagny-sur-Moselle et Champigneulles, qui passent brutalement du stade de village rural à celui de ville industrielle.
Aujourd’hui, le sillon mosellan connaît un fort développement, favorisé par sa situation privilégiée entre Metz et Nancy, noyant les cités ouvrières dans un tissu urbain pavillonnaire et commercial. Cette forte urbanisation s’installe dans une vallée présentant un profil bien plus large que celui des étroites vallées du Pays-Haut.

Les cités ouvrières

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Les cités ouvrières marquent fortement les paysages des vallées industrielles, et particulièrement dans le Pays Haut (Villerupt)


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Habitat sous forme de maisons jumelées et identiques caractéristique des cités ouvrières (Tucquegnieux)


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Paysage jardiné dans une cité ouvrière de Mancieulles

Les cités ouvrières, secteurs d’habitat construits par les grandes compagnies industrielles, forment des ensembles cohérents plus ou moins étendus. En couvrant des pans entiers des pentes de vallées, elles marquent fortement les paysages. Les maisons, construites sur le même plan et le plus souvent jumelées, se répètent de manière systématique. Le parcellaire, bien organisé avec des rues orthogonales, accentue la composition rigoureuse de ces quartiers. Chaque logement possède un jardin qui permettait la culture d’un potager familial dont la juxtaposition compose par endroits aujourd’hui une ambiance de « cité jardin ». Epousant les styles de leur époque de construction, elles reflètent divers courants architecturaux qui ont cours de la fin du XIXème siècle aux années 1960.
Aujourd’hui, ces quartiers entiers répondant aux seuls besoins de l’usine connaissent des difficultés de reconversion après la fermeture des sites de production. S’ils figurent aujourd’hui comme un patrimoine et un élément identitaire important, leur état de conservation reste très variable et leur nombre laisse un travail considérable : à titre d’exemple, dans le seul Val de Lorraine, 54 cités ouvrières se répartissent sur dix communes (Champigneulles, Pompey, Frouard, Custines, Jeandelaincourt, Belleville, Dieulouard, Pont-à-Mousson, Blénod les Pont-à-Mousson, Pagny-sur-Moselle) !

L’exploitation du sel dans le Saulnois : une industrie marquant les paysages d’une séquence de la vallée de la Meurthe

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L’industrie du sel en Meurthe-et-Moselle

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Les salines de Varangéville et la silhouette de Saint-Nicolas-de-Port en arrière-plan


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Sites de sondages exploitant les ressources en sel du sous-sol du Saulnois


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Les salines d’Einville dans la vallée du Sânon avec son puits d’extraction en bois

L’industrie du sel se concentre aujourd’hui dans la vallée de la Meurthe avec les usines de transformation de Laneuveville (Rhône-Poulenc), Varangéville (Salins du Midi et Salines de l’Est) et Dombasle-sur-Meurthe (Solvay). Elle marque puissamment les paysages de la vallée, avec les silhouettes monumentales des grands complexes chimiques, les crassiers ou encore les bassins de décantation implantés dans la plaine alluviale. Sur le plateau situé à l’est de la Meurthe, les sondages, marquent plus discrètement les paysages agricoles autour de Courbesseaux, Drouville, Haraucourt et Lenoncourt. Le gisement de sel gemme est exploité par des mines et par dissolution sur place en injectant de l’eau dans un sondage puis en pompant la saumure. Le sel brut est utilisé pour le déneigement des routes et l’industrie chimique ; quant à la dissolution, elle permet d’obtenir un sel pur consommable (homme et animaux).

Le sel, véritable monnaie d’échange, a fait la richesse de nombreuses villes, notamment dans la Moselle, le long de la vallée de la Seille, mais aussi dans la vallée de la Meurthe, comme Rosières-aux-Salines. L’activité traditionnelle ne subsiste aujourd’hui dans le paysage   que sous forme de traces, tels les chevalements en bois et séchoirs, notamment près d’Einville-au-Jard dans les vallées du Sânon et de la Roanne. Elle a pourtant longtemps été très importante. Exploité depuis la préhistoire, le commerce du sel s’est développé grâce aux voies romaines qui suivaient les chemins sauniers vers Metz, Trèves, Langres, Strasbourg. Au Moyen-Age, les salines se sont multipliées. Mais l’exploitation ne s’est véritablement intensifiée qu’avec son industrialisation. En 1910, on comptait seize salines autour de Nancy, tandis que l’usine Solvay de Varangéville développait une production de carbonate de soude dès 1845.

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La cristallerie de Baccarat

La verrerie, comme l’exploitation du sel, fait partie du patrimoine lorrain. Bénéficiant de ressources importantes en sables fins et gréseux issus des grès bigarrés et de grandes réserves en bois (alimentation des fours), la verrerie s’est développée en Lorraine dès l’antiquité, notamment dans les zones de montagne peu favorables à l’agriculture. C’est au XVIIIe siècle que l’industrie du verre a pris son essor : les productions verrières de Bohême envahissant l’Est de la France, l’industrie verrière lorraine s’est alors tournée vers la verrerie d’art, avec le cristal. Seules ces verreries de luxe ont subsisté jusqu’à nos jours, avec Baccarat (1764) et Daum (Vannes-le-Châtel, 1765) en Meurthe-et-Moselle. Ces deux usines sont devenues les fleurons de l’artisanat du verre en Lorraine.

L’industrie du textile dans les Vosges : des traces discrètes dans le paysage  

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Les bâtiments de la Société cotonnière lorraine de Val-et-Châtillon

L’industrie textile s’est surtout développée dans les Vosges. Elle représentait à la fin du XIXe et au début du XXe siècle un appoint indispensable pour les populations en raison de la pauvreté du terroir des vallées vosgiennes, profitant de l’abondance en eau offerte par les torrents. Quelques implantations ponctuelles se retrouvent en Meurthe-et-Moselle, notamment dans la haute vallée de la Vezouze dont il reste aujourd’hui peu de traces : les bâtiments de la Société cotonnière lorraine de Val-et-Châtillon sont encore visibles et accueillent un musée discret dans un cadre forestier.

Les nouvelles zones d’activités : un étalement préoccupant

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Les nouvelles zones commerciales et industrielles dans la vallée de la Moselle forment un continuum urbanisé s’étirant au nord de Nancy

A l’ère industrielle du XIXème et de la première moitié du XXème siècle, succède aujourd’hui un développement de l’urbanisation qui tend à s’étendre par zones non seulement résidentielles, mais aussi commerciales, artisanales ou industrielles. Ce nouveau tissu urbain, souvent peu structuré et consommateur d’espace, forme les paysages de périphéries que l’on retrouve notamment dans l’agglomération nancéienne et tout le long de l’axe mosellan avec les zones commerciales et industrielles de Nancy-sud à Ludres, Fléville et Heillecourt, ainsi que de Nancy-nord à Pompey (sur les friches de l’ancienne aciérie), Custines et Maxéville (Thomson sur les anciennes carrières). De nouvelles zones industrielles sont également aménagées aux frontières belge et luxembourgeoise : zones de Mont-Saint-Martin et de Villers-la-Montagne qui ont démarré grâce aux aides du Pôle Européen de Développement de la zone transfrontalière. Plus modestement, la zone de la Croix-de-Metz à Toul se développe également.

 Les traces des guerres dans les paysages

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Les panneaux explicatifs mettent en scène l’histoire militaire dans le paysage, Ville-sur-Yron

La forme même du département de Meurthe-et-Moselle constitue un héritage de la guerre franco-prussienne de 1870, en réunissant les parties des anciens départements de la Meurthe et de la Moselle non annexées. Mais de façon plus sensible, la Lorraine, durement touchée par les guerres, garde partout dans ses paysages les traces des différents conflits : les nombreux cimetières militaires dispersés dans les campagnes, les forts et dispositifs de protection, ou encore les destructions et l’architecture des reconstructions. Les nombreux sites de mémoire qui témoignent de ce passé sont heureusement bien informés, avec des panneaux explicatifs qui retracent l’histoire des événements.

Destructions et reconstructions

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Le village de Remenauville, rasé pendant la Première Guerre mondiale

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Gondrexon, village entièrement reconstruit après la Seconde Guerre mondiale

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Front bâti marqué par l’architecture de la reconstruction des années 1950 (Pompey)

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Le village de Martincourt, incendié en 1944, présente un habitat très aéré typique de la reconstruction

La Première Guerre mondiale est particulièrement meurtrière et destructrice pour la Meurthe-et-Moselle : les premiers combats sont menés au nord de la Chiers et à l’est de Nancy, dont témoignent de nombreux cimetières : Pierrepont, Thiaucourt, Montauville, Flirey, Baslieux. La ville haute de Longwy est détruite et de nombreux villages sont ravagés voire totalement détruits : Flirey et Fer-en-Haye ont été reconstruits à un autre emplacement ; Remenauville et Regniéville ne se sont jamais relevés de leurs ruines. L’architecture caractéristique des années 1920 marque encore les villages touchés. La reconstruction permet ainsi une modernisation des habitations : maisons moins profondes, larges ouvertures, linteaux droits en métal, ainsi qu’une restructuration de l’urbanisme avec une réorganisation du parcellaire, souvent autour d’une place. Ces villages présentent souvent un aspect monumental avec une rue centrale axée sur l’église, et sont plus aérés avec des maisons alignées sur la rue mais non accolées de façon aussi systématique que les villages traditionnels.

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Le village de Flirey entièrement reconstruit dans les années 1920

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Entièrement reconstruit suivant les plans de l’architecte Emile André, le village de Flirey présente une grande cohérence architecturale et urbaine

Certains villages modèles, pris en charge par des architectes de renom, témoignent de cette époque : Emile André à Flirey et à Limey-Remenauville, où il intègre une rocade pour la circulation des engins agricoles, ou encore Georges Biet qui dessina entre autres le village de Parux. La Seconde Guerre mondiale inflige à nouveau de nombreux dégâts humains et matériels. Les zones les plus touchées se situent dans le sud-est du département, autour de la vallée de laSeille, dans le Lunévillois et autour de Nancy.